30 avr. 2014

Marius Hansteen
Directeur de la Fondation danoise à Paris

Pascal Gautrand
Marius Hansteen Directeur de la Fondation danoise

Portrait de Marius Hansteen

À l’occasion de l’exposition Le design en jeu à la Maison du Danemark, Made in Town a souhaité poser quelques questions à Marius Hansteen, directeur de la Fondation danoise à Paris, conseiller culturel de l’ambassade du Danemark et commissaire de cette exposition qui présente l’univers ludique et charmant de Kay Bojesen (1886-1958), designer danois majeur du 20ème siècle.

« Kay Bojesen se considérait d’abord comme un artisan, et il soulignait souvent l’importance d’avoir du métier. »
– Marius Hansteen

Droits réservés : Kay Bojesen, Danemark

Pascal Gautrand : L’exposition dont vous êtes commissaire à la Maison du Danemark présente le travail de création de Kay Bojesen autour de deux techniques : l’orfèvrerie et le travail du bois. Pour vous, savoir-faire et fabrication sont-ils des éléments importants ?

Marius Hansteen : Au Danemark, il est assez répandu que les adolescents travaillent après l’école pour gagner un peu d'argent de poche. Et pendant cinq ans, de 13 à 18 ans, j’ai donc travaillé l’après-midi dans un vieux atelier de serrurier-forgeron au cœur du centre historique de Copenhague, dans le quartier de mon enfance. Mes copains vendaient des journaux, ramassaient des bouteilles recyclables dans les supermarchés, vendaient des glaces. C’était donc un peu exotique, mais cela me plaisait beaucoup. Je gardais la forge et j’appris à souder, maitriser le tour, l’usage des outils très spécialisés, y compris des différents marteaux. Le patron était un artisan du monde d’hier et j’ai donc appris le métier à l’ancienne. L’atelier n’existe malheureusement plus.

Droits réservés : Kay Bojesen, Danemark

PG : Croyez-vous que votre expérience d’enfant avec un métier manuel vous a influencée pour être aujourd’hui aussi sensible au design et au travail de la matière ?

MH : Je suis issu d’une famille d’architectes, et la matière et le design ont toujours joué un grand rôle depuis mon enfance. Mon père appartient à une génération d’architectes où il était de coutume d’apprendre d’abord un métier manuel. Il a donc été charpentier avant d’entrer à l’école des Beaux-Arts. Mes expériences chez le forgeron m’ont évidemment formé, mais le respect pour le métier et le savoir-faire me vient d’abord de mes parents.

Droits réservés : Kay Bojesen, Danemark

PG : Dans quelle mesure la technique et le savoir-faire artisanal étaient-ils importants pour Kay Bojesen ?

MH : C’était deux éléments très importants ! Il se considérait d’abord comme un artisan et il soulignait souvent l’importance d’avoir du métier. Ses objets et prototypes étaient pour la plupart fabriqués dans son petit atelier à Copenhague, ce qui explique par conséquent leur taille souvent modeste.

Droits réservés : Kay Bojesen, Danemark

www.ciup.fr/fondation-danoise

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Pascal Gautrand

Pascal Gautrand

Made in Mazamet. Fondateur de Made in Town, consultant et enseignant, il est diplômé de l’Institut français de la mode et ancien pensionnaire de la section design de mode de la Villa Médicis à Rome. Il développe une réflexion, principalement dans le champ de la mode, autour de la culture de la fabrication. Sa démarche, tournée vers la valorisation des savoir-faire, s'exprime au travers de l'écriture, de la vidéo et du stylisme. En tant que consultant, il collabore notamment avec Première Vision à l'organisation de Maison d’Exceptions : l'espace dédié aux savoir-faire textiles au sein du salon parisien et le magazine en ligne éponyme dont il est rédacteur en chef.

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